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Accueil > Axes de recherche > Acteurs et processus décisionnels dans la gestion des eaux urbaines

Principales réalisations de l’axe 4 pour la période 2008-2013

par Daniel Thevenot - publié le

Principales réalisations de l’axe 4 pour la période 2008-2013

Les travaux de recherche sont articulés autour de 5 thématiques qui questionnent les rapports entre choix techniques et technologiques relatifs à la gestion de l’eau et des milieux aquatiques, l’appropriation de ces techniques et la construction des environnements naturels et urbains.

  • Territoires institutionnels et territoires de gestion dans la gestion des rivières urbaines

Cette première thématique a permis d’appréhender de façon féconde la question de la gestion intégrée des cours d’eau et de la participation des habitants à la restauration d’un état initial prescrit par la Directive Cadre sur l’eau. Ont été mis en évidence : la manière dont se construisent les qualités de la rivière (la qualité « normée », mais également les qualités requises pour les différents usages de l’eau et les pratiques des riverains), le degré de cohérence entre les pratiques de la rivière et des politiques publiques les conditions de mobilisation des acteurs autour des projets d’aménagement, et plus particulièrement des projets de renaturation de ces cours d’eau. Les résultats ont montré le foisonnement des types de « qualités » de la rivière, l’absence de correspondance entre les usages de ces rivières et les projets visant à en favoriser, la pluralité des visions de la renaturation et l’opposition latente entre les acteurs locaux et les gestionnaires « extra -territoriaux ».

Cette question de la correspondance entre territoires institutionnels et territoires de gestion a aussi été questionnée sur les lacs et les plans d’eau artificiels, au travers de la question de leur suivi environnemental. L’analyse réglementaire et socio-politique sur quatre pays : la Finlande, la France, la Pologne et le Portugal de la gestion des proliférations de cyanobactéries dans les eaux des lacs a permis d’évaluer l’importance relative de la directive cadre et des directives « eau potable » et « eaux de baignades » dans l’organisation des modes de gestion des cyanobactéries dans les eaux douces et le choix de favoriser soit la dimension environnementale, soit la dimension sanitaire.

Sur les petits plans d’eau urbains d’Ile-de-France l’analyse a porté sur la gouvernance de ces milieux en croisant les dires des communautés d’experts, les pratiques des acteurs de la gestion urbaine, la perception du grand public et l’émergence de services éco-systémiques.
Cette approche a été appliquée à deux sujets historiques : la reconstitution de la mise en place de l’assainissement dans les communes de la banlieue parisienne entre 1850 et 1950 et l’analyse des cours de l’ENPC entre 1870 et 1920 permettant de comprendre la conception qu’avaient les ingénieurs des ponts, enseignants à l’école, de la qualité de l’eau et de sa relation avec la ville.

  • Pratiques alternatives de gestion des eaux pluviales et de récupération-utilisation de l’eau de pluie

Une deuxième série de travaux concerne le développement et l’appropriation des techniques de réutilisation de l’eau de pluie et des techniques alternatives à l’assainissement traditionnel fondé sur le réseau.
Ces techniques sont étudiées à la fois sous leurs aspects quantitatif et qualitatif, c’est-à-dire tant pour leur contribution à la protection contre les inondations, que pour leur rôle dans la limitation des impacts urbains sur le milieu naturel et leur rôle dans le changement des modes de vie. Les recherches permettent de caractériser le fonctionnement technique de ces technologies tout en rendant compte des facteurs qui déterminent leur appropriation par les services et les usagers. L’approche a été menée à différentes échelles depuis celle du bâtiment (relations pratiques d’entretiens, usage et qualité des eaux), du bassin versant (pertinence des formes et des échelles des nouvelles réglementations des eaux pluviales et leur appropriation par les élus et les techniciens), de la région (estimation du potentiel de récupération de l’eau de pluie en fonction du type de bâti) et dans différents contextes socio-économiques, culturels et climatiques ; outre la France, des travaux ont été menés au Brésil (acceptabilité sociale des ouvrages de gestion des eaux pluviales en milieu urbain) et au Cameroun (identification des pratiques individuelles et de leurs conséquences sur la production de contaminants dans les eaux urbaines).

  • Nouveaux usages de l’eau et évolution des services urbains

Dans le contexte du changement climatique, cette question intéresse vivement les gestionnaires opérationnels des eaux urbaines. Sur la base des questions posées par le devenir du Réseau d’Eau Non Potable (RENP) parisien, ont été mis en évidence l’acceptabilité par le grand public des innovations envisagées et à contrario les freins organisationnels et réglementaires ou la mise en avant systématique du principe de précaution (dangerosité pressentie de certains usages tel que le nettoyage des voiries) confondu avec le principe de prévention.

  • Vulnérabilité des territoires et des services d’eau et d’assainissement face aux inondations

Le changement climatique pose aussi la question du risque d’augmentation des inondations urbaines et de la vulnérabilité non seulement des territoires mais aussi des services gestionnaires face à ce risque.
L’analyse et l’évaluation des pratiques de prévention et de protection contre les inondations non seulement pluviales mais aussi fluviales dans les petits versants urbains de l’Ile-de-France ont permis de mettre en évidence les mécanismes de construction de l’ignorance, qui au fil du projet d’aménagement, conduisent à ne pas prendre en compte des préoccupations relatives à la gestion des crises dans les projets urbains en zones inondables. Des approches visant à analyser les conditions d’émergence du changement pour une gestion territorialement moins fragmentée du risque d’inondation mais aussi une gestion plus fonctionnelle des différents aspects et recoupements des risques pluvial et fluvial ont été proposées.

  • Processus d’innovation en hydrologie urbaine et démocratisation des savoirs

En liaison avec les constats posés et évoqués précédemment l’analyse des processus d’innovation sur la gestion des eaux en ville s’avère cruciale pour permettre des à des situations qui paraissent peu sensibles aux contraintes extérieures d’évoluer.

Dans ces objectifs, des recherches collaboratives ont été engagées pour expérimenter avec des associations de protection de l’environnement des processus communs de construction de connaissances pour l’action sur un grand nombre de sujets relatifs à l’évolution de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Par exemple, à l’occasion d’une conférence de consensus réunissant des représentants du monde associatif, un système alternatif de critères et d’indicateurs d’évaluation du bon état des petits cours d’eau urbains d’Ile de France a été établi.

Dans le cadre d’élaboration de SAGE (SAGE des deux Morins, Orge-Yvette), un cadre de co-construction de connaissance au sein de la CLE a été proposé et comparé sur les sites. Cette expérimentation, a réuni autour d’une modélisation multi-agents et une modélisation hydraulique, des membres de la Commission Locale de l’Eau et des chercheurs du PIREN-Seine.

Enfin une analyse sociologique des différents chemins de l´innovation dans le domaine de l´assainissement des eaux pluviales urbaines dans trois aires métropolitaines (Lyon, Paris, Nantes), sur ces 30 dernières années a été menée. Elle permet de resituer chaque pratique innovante dans son cadre territorial et de réfléchir à la « transposabilité » de pratiques de recherche et de gestion d´une collectivité vers une autre.