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Accueil > À noter : brèves du LEESU

Soutenance de thèse de Mathilde Soyer : 1er avril 2014

par Daniel Thevenot - publié le , mis à jour le

Bonjour,

J’ai le plaisir de vous inviter à la soutenance de ma thèse qui aura lieu le 1er avril 2014 à 14h30. Mon mémoire de recherche s’intitule « Solidité de l’expertise, prudence de l’innovation. Chercheurs et praticiens dans les observatoires d’hydrologie urbaine ». Vous trouverez ci-dessous un résumé du travail mené.

La soutenance aura lieu à l’École des Ponts ParisTech (Cité Descartes, 6-8 avenue Blaise Pascal, Champs-sur-Marne / RER A - arrêt Noisy-Champ.), dans l’amphithéâtre Picard (sous réserve).

En espérant vous y voir nombreux,

Bonne journée,

Mathilde Soyer


Solidité de l’expertise, prudence de l’innovation Chercheurs et praticiens dans les observatoires d’hydrologie urbaine

Direction de thèse  : Gilles Hubert et José-Frédéric Deroubaix

Champs disciplinaires  : sociologie de l’expertise scientifique / analyse de l’action publique

Résumé

Les problèmes croissants posés par la gestion de l’eau en ville ont entrainé ces dernières décennies la structuration d’une expertise en hydrologie urbaine dont l’objectif est de résoudre les problèmes d’inondations et les dommages environnementaux provoqués par le ruissellement urbain. Cette expertise s’est appuyée sur le développement de coopérations étroites entre des scientifiques et des praticiens des collectivités territoriales, qui ont donné naissance dans les années quatre-vingt dix, sur les territoires du Grand Lyon, de Nantes Métropole et de la région parisienne, à des formes institutionnelles inédites : les observatoires d’hydrologie urbaine.

Ce travail de recherche analyse la constitution de ces dispositifs de production de connaissances en réalisant une socio-histoire de ces collaborations depuis les années soixante-dix. Celle-ci montre comment la structuration des observatoires est déterminée par leur contexte d’origine et le poids de cet héritage sur leurs logiques de fonctionnement actuelles. La trajectoire de chaque observatoire traduit à la fois une histoire singulière et l’existence de « points de passages obligés » empruntés par les trois entités. L’enquête saisit les formes d’organisation particulières des observatoires, la façon dont ils construisent leur double légitimité (dans le champ académique et en s’appuyant sur une demande sociale), l’ambigüité de leur rapport au politique et les stratégies déployées pour asseoir leur pérennité. Nous questionnons également les modes de production de la science lorsque cette dernière participe à la construction des problèmes et à leur représentation. Cette sociologie de l’expertise est un point de départ à l’analyse des processus d’innovation à l’œuvre dans la gestion des eaux pluviales. Nous mettons en lumière le modèle d’innovation précautionneux induit par cette configuration d’acteurs, qui assigne aux observatoires un rôle d’évaluation et de régulation des pratiques dans un contexte de changement de paradigme de la gestion des eaux urbaines. Une démarche comparative permet de singulariser ce modèle : l’enquête a été élargi à deux terrains témoins « sans observatoire », Rennes Métropole et la communauté d’agglomération du Douaisis, qui présentent un modèle d’innovation plus radical et donnent à voir d’autres conceptions du changement.

L’enquête s’appuie sur un important matériau empirique. Une cinquantaine d’entretiens ont été réalisés avec les chercheurs des observatoires, les opérationnels des services d’eau et d’assainissement des collectivités et les élus en charge de ces dossiers. Nous avons complété cette démarche de nombreux temps d’observation participante dans les observatoires et d’un questionnaire à destination des chercheurs.

A travers l’exemple de la communauté scientifique et technique de l’hydrologie urbaine, nous interrogeons ce que produisent ces nouveaux modes d’intervention scientifique et la manière dont ils réorganisent les rapports entre science, technique et politique. L’altérité apportée par les terrains témoins révèle aussi d’autres façons d’envisager « l’agir dans un monde incertain » et de faire face aux risques qui marquent cette politique environnementale en construction.